L’alerte est lancée, et elle fait froid dans le dos. Le docteur Babacar Diop, très suivi sur les réseaux sociaux, a récemment tiré la sonnette d’alarme sur les conséquences dramatiques de certaines pratiques en vogue, notamment l’utilisation de boules chimiques pour amplifier les fesses. Selon lui, si rien n’est fait, le Sénégal pourrait faire face à une recrudescence de cancers de l’anus d’ici cinq ans.
TikTok, nouveau terrain de jeu des influenceuses irresponsables
Sur TikTok, le business des produits à effet « miraculeux » ne s’essouffle pas. Dépigmentation de la peau, crèmes éclaircissantes, pilules pour grossir les fesses… Certaines influenceuses sénégalaises, dans leur course effrénée aux « likes » et aux revenus publicitaires, n’hésitent pas à promouvoir ces produits toxiques. Peu importe les risques encourus par leurs followers, tant que les vues augmentent.
Il suffit de scroller sur ces plateformes pour voir des démonstrations douteuses : des « avant-après » flatteurs, des promesses de transformation instantanée et des « astuces » pour appliquer ces substances, le tout enveloppé dans une mise en scène qui crée l’illusion d’une vie parfaite. Mais dans cette chasse à la perfection, les victimes se multiplient.
Un danger réel et sous-estimé
« Ces boules chimiques contiennent des substances hautement cancérigènes qui fragilisent les tissus internes. En les utilisant régulièrement, les femmes s’exposent à des inflammations chroniques qui peuvent évoluer en cancers de l’anus. » Ces propos du docteur Babacar Diop ont été partagés des milliers de fois sur les réseaux sociaux. Ce spécialiste appelle à une prise de conscience collective pour mettre fin à ces pratiques désastreuses.

Malheureusement, cette alerte s’inscrit dans un contexte où la pression sociale pousse de nombreuses femmes à modifier leur apparence. Entre l’idéalisation des corps étirés sur les standards des réseaux sociaux et le rejet des teints naturels, les injonctions esthétiques ne laissent aucun répit.
Où sont les autorités ?
Les produits en question, souvent non homologués, circulent librement sur le marché, parfois introduits clandestinement ou importés sans vérification. Pourtant, les autorités de régulation ont un rôle crucial à jouer. Si le mutisme persiste, les conséquences sanitaires pourraient être catastrophiques, non seulement pour les femmes concernées, mais pour l’ensemble du système de santé.
Responsabilité individuelle et collective
Il est urgent de mettre fin à ces pratiques, et cela passe par une responsabilisation à plusieurs niveaux :
- Les influenceuses : Leur responsabilité morale devrait primer sur leur intérêt financier. Sensibiliser plutôt que détruire serait un bon début.
- Les consommatrices : Ne plus succomber à ces tendances destructrices et s’informer davantage sur les conséquences des produits qu’elles utilisent.
- Les autorités : Intensifier les contrôles sur le marché et mener des campagnes de sensibilisation massives.
Une question de santé publique
L’alerte du docteur Babacar Diop doit servir de déclic. Si nous continuons à fermer les yeux, les cas de cancers de l’anus pourraient bien devenir une triste réalité dans les prochaines années. Les réseaux sociaux, bien qu’étant un outil puissant, ne doivent pas devenir des plateformes de destruction collective. Une régulation sérieuse et une prise de conscience générale sont plus que jamais nécessaires.